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CCS : les Critiques Ciné de Str@nger

Cinéma, DVD... mais aussi musique, médias, politique : retrouvez l'avis de Str@nger... ce n'est peut-être pas le meilleur, mais ce n'est sans doute pas le pire ! ;-)
23 décembre

TOP 10 CINEMA 2007

Je ne retournerai certainement pas en salles d'ici le 31 décembre... ça me semble donc être le moment de livrer un petit bilan de l'année écoulée avec ce TOP 10.
 
D'abord, il y a selon moi deux films qui se sont vraiment détachés du lot : Persepolis et La Visite de la fanfare.


Après, également par ordre de découverte et donc sans classement :



Cashback ; Les Témoins ; La Vie des autres
Anna M. ; Caramel ; Naissance des pieuvres
Paranoid Park L'Homme sans âge

La Visite de la fanfare

La Visite de la fanfare Mention spéciale

Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance...

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : Eran Kolirin signe pour moi l'un des meilleurs films de l'année. La mise en scène, la photo et l'interprétation sont impeccables. Surtout, ce mélange étreignant d'ironie, d'humour (la scène muette de la "leçon de drague" est d'un burlesque génial), de gravité, de pudeur, d'espoir, d'absurde... bref, cet état instable et émotionnel fait de ce film un véritable bijou. A voir d'urgence.
9 décembre

L'Homme sans âge

L'Homme sans âge

1938, en Roumanie. Dominic Matei, un vieux professeur de linguistique, est frappé par la foudre et rajeunit miraculeusement. Ses facultés mentales décuplées, il s'attelle enfin à l'oeuvre de sa vie : une recherche sur les origines du langage. Mais son cas attire les espions de tout bord : nazis en quête d'expériences scientifiques, agents américains qui cherchent à recruter de nouveaux cerveaux. Dominic Matei n'a d'autre choix que de fuir, de pays en pays, d'identité en identité. Au cours de son périple, il va retrouver son amour de toujours, ou peut-être une femme qui lui ressemble étrangement... Elle pourrait être la clé même de ses recherches. A moins qu'il soit obligé de la perdre une seconde fois.

Evidemment, ce film parle d'abord de son auteur : Francis Ford Coppola. De même que son héros, Dominic Matei, jouit d'une 2ème jeunesse pour achever l'oeuvre de sa vie, le cinéaste fantasme le démarrage d'une nouvelle carrière plus personnelle à 68 ans... Seulement, on a beau être aussi vif et inventif qu'à 20 ans, si ce n'est plus, cette nouvelle carrière sera amoindrie et menacée par la contingence du corps vieillissant et de la mort. Youth without youth, la jeunesse sans la jeunesse (titre original du film, bien plus parlant que sa francisation), c'est assurément l'angoisse de Coppola au crépuscule de sa vie.
Le film est intense, touffu, parfois difficile à appréhender et à comprendre ; on sent des références à Kubrick et certainement à Lynch. Visuellement, c'est un "classicisme novateur" aux effets dosés et justifiés. Bref, L'Homme sans âge est une oeuvre dense et aussi touchante que métaphysique.
5 décembre

My Blueberry Nights

My Blueberry Nights

Après une rupture douloureuse, Elizabeth se lance dans un périple à travers l'Amérique, laissant derrière elle une vie de souvenirs, un rêve et un nouvel ami - un émouvant patron de bar - tout en cherchant de quoi panser son coeur brisé. Occupant des emplois de serveuse, Elizabeth se lie d'amitié avec des clients dont les désirs sont plus grands que les siens : un policier tourmenté et sa femme qui l'a quitté, une joueuse dans la déveine qui a une affaire à régler.
A travers ces destins individuels, Elizabeth assiste au spectacle du véritable abîme de la solitude et du vide, et commence à comprendre que son propre voyage est le commencement d'une plus profonde exploration d'elle-même.


Wong Kar-Wai débarque aux states et entérine ce changement en s'appropriant un des genres locaux : le road movie. Si la beauté de la photo et la poésie de l'image nous tiennent émerveillés, en dépit d'une utilisation forcenée et procédurale du ralenti, on regrettera la relative platitude narrative de l'ensemble et le manque de charisme de Norah Jones, aussi effacée que son personnage est indécis. En revanche, Natalie Portman surprend en joueuse invétérée de poker, un tantinet "poufiasse". A voir pour les yeux, donc, pas pour les oreilles.
18 novembre

De l'autre côté

De l'autre côté

Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, se prend d'affection pour Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie son argent à sa fille en Turquie, pour lui payer des études. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten, la fille de Yeter.
A Hambourg, Ayten sympathise avec Lotte, une étudiante allemande aussitôt séduite par le charme et l'engagement politique de la jeune Turque. Lotte propose même à Ayten de l'héberger chez elle, malgré les réticences de sa mère, Susanne. Arrêtée et placée en détention, Ayten est finalement reconduite à la frontière puis incarcérée en Turquie. Sur un coup de tête, Lotte décide de tout abandonner et de se rendre en Turquie.


Tout simplement bouleversant de beauté esthétique et humaine. Ces destins croisés entre Brême et Istanbul sont autant d'engagements, de vies meurtries, de tristesses, mais aussi d'espoirs et d'amour.
12 novembre

Les Promesses de l'ombre

Les Promesses de l'ombre

Bouleversée par la mort d'une jeune fille qu'elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l'ouvrage qu'elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu'elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l'Est, c'est le début d'une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l'innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d'un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...


J'avoue ne pas être un spécialiste de Cronenberg et manquer d'éléments d'analyse... J'irai donc à l'essentiel : c'est un excellent thriller. Pas un instant de répit pour le spectateur qui sort ému par le combat d'Anna (Naomi Watts), essouflé par la course et intrigué par la personnalité de Nikolai (Viggo Mortensen, vraiment nickel)... L'ambiance est saisissante. A voir sans risque.
2 novembre

Le Rêve de Cassandre

Le Rêve de Cassandre

Sur un coup de coeur, deux frères s'offrent un voilier qu'ils baptisent "Cassandra's Dream". Une vraie folie car ni l'un ni l'autre n'ont réellement les moyens d'assumer ce signe extérieur de richesse. Terry travaille dans un garage tandis que Ian dirige le restaurant de leurs parents.
Lorsque le premier est confronté à une importante dette de jeu et que le second s'éprend d'Angela, ambitieuse comédienne de théâtre, ils sont obligés de solliciter l'aide de leur oncle Howard qui a fait fortune en Californie. En contrepartie de son solide coup de pouce financier, il leur demande de lui rendre un petit service.


Si l'on devait faire un seul commentaire à propos de ce film, tant sur le mode de la critique que sur celui de la surprise agréable, c'est qu'il fonctionne essentiellement en référence à Match point. Comme Chris Wilton, les deux frères du Rêve de Cassandre sont acculés parce qu'ils ne veulent pas être rétrogradés dans l'échelle sociale et viennent à en prendre des décisions pour le moins radicales... Et le must, c'est qu'à aucun moment cela ne nous choque et l'on sait très bien que, nous aussi, on serait sans doute prêt à tuer si notre confort matériel et notre standing risquaient d'être anéantis. Mais contrairement à Match Point, et sans vendre la mêche, l'élément moral viendra s'imposer d'une manière ou une autre aux deux héros...
Ajoutez à cela une interprération superbe et une subtile dose d'humour so british et vous obtiendrez un film qui se suit sans peine et dont on sort un tantinet bousculé mais globalement satisfait, comme s'il avait catarsisé par mal de choses en nous.
23 octobre

Paranoid Park

Paranoid Park

Alex, jeune skateur, tue accidentellement un agent de sécurité tout près du skatepark le plus malfamé de Portland, le Paranoid Park. Il décide de ne rien dire.

Il y aurait évidemment tant à dire sur ce superbe film... Le thème, la mise en images, l'interprétation, le rythme... Je cherche, je ne vois pas (encore) de défaut. A défaut de critique, quelques remarques en vrac, donc.
Près de 10 ans après avoir réalisé un (intéressant) remake de Psycho, on sent encore chez GVS une grosse influence hitchcockienne. Je l'avais devinée sur l'affiche, dont les lamelles ne sont pas sans me rappeler le générique du même Psycho, je l'ai retrouvée dans le film. Une scène en particulier fait mouche : la douche que prend Alex et où le vertige l'envahit... avec sur le papier-peint de la salle de bains et à la bande son, des oiseaux. C'aurait également été intéressant d'observer le rapport nourriture/sexualité, mais j'avoue que ça m'a un peu échappé.

Il y a de toute façon un rapport original à la sexualité dans ce film. En l'occurence, un désir neutralisé voire refoulé au profit de la passion (un tantinet phallique selon la personne qui m'accompagnait... pourquoi pas !) du skateboard. Je n'irais pas jusqu'à parler d'homosexualité refoulée, mais il est certain que le désintérêt d'Alex pour son amie (notamment dans une scène qui vous fera rire... je n'en dis pas plus évidemment, suspens oblige) n'est pas sans poser question.

Surtout, je retiendrai de Paranoid Park un incroyable travail sur la narration et, en l'occurence, sur le tropisme. On découvre les événements à mesure qu'Alex se les remémore, se les approprie. Forcémment, on s'attache beaucoup et le questionnement sur sa culpabilité et la possibilité finale d'une morale (ou pas) nous tiennent en haleine.

Secret Sunshine

Secret Sunshine

A la suite du décès de son mari, Shin-ae vient s'installer à Miryang, la ville natale de celui-ci avec son petit garçon. Entre ses cours de piano, ses nouvelles relations et Jong-Chan, le patron d'un garage qui tente de se rapprocher d'elle, cette jeune femme douce et discrète débute une nouvelle existence. Jusqu'au jour où la tragédie frappe à nouveau. Face à ce nouveau drame, Shin-ae va tenter de redonner un sens à sa vie.

D'ordinaire, la "lenteur" du cinéma coréen me sied bien... Là, j'avoue, j'ai craqué. Après un départ intéressant, le film s'enfonce dans un schéma répété à l'infini : l'héroïne pleure et crie sans pudeur, va à l'église, pète les plombs... et ça dure 2 heures. Le personnage masculin, complètement passif, semble d'abord bien cerné mais perd en crédibilité à mesure que son égérie se perd.
Après, restent quelques scènes bien senties et un regard intéressant sur le poids de l'église évangéliste en Corée (aspect que je méconnaissais complètement)... Et puis bien sûr, on ne peut pas reprocher à Secret Sunshine de dépeindre avec un certain talent une descente aux enfers, une perte du Je. Mais ça ne sauve pas mon ennui. Dommage, j'ai vraiment l'impression de passer à côté de quelque chose...
20 octobre

Un jour sur Terre

Un jour sur Terre

Périple spectaculaire à travers les saisons, ce documentaire nous transporte de l'océan Arctique au printemps à l'Antarctique en plein hiver. Les toutes dernières technologies en matière de prise de vue en haute définition ont permis de tourner des images d'une beauté à couper le souffle et de mettre en valeur la vie qui palpite et bouillonne à chaque instant, sur le moindre centimètre carré de notre planète.

Un spectacle éblouissant, précieux, émouvant au-dessus de tout : celui de la vie. On se sent, passez-moi l'expression, comme une merde pendant 1h30.
Seulement, ce film pêche, notamment sur la fin, par discours écologiste certes nécessaire à notre époque mais dont je crois qu'il n'avait pas sa place ici. Les images et la narration malicieuses se suffisaient à elles-mêmes pour comprendre combien notre planète est précieuse. Là, après tant d'émerveillement et de cheminement vers le respect, on est subitement rattrapé par le col et grondé comme un gosse qu'on aurait choppé le doigt dans le pot de confiture... et on se braque bêtement. C'est là une grave faute de la part des réalisateurs car cela fait vraiment tâche après un si beau spectacle.
Aussi, je doute de la capacité des gens qui n'ont pas d'abonnement à payer 8€ pour voir, certes sur grand écran, ce que France 5 leur sert tous les après-midi. Vraiment dommage.
 
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